Exilythiques

29 août 2012

circulez y a rien à voir.

A2

 

Ainsi j'entrepris la lecture de Rien ne se passe comme prévu de Laurent Binet, chez Grasset, 17 €. Ben la presse a pas aimé. Du tout, du tout, du tout. Ouh la la. En voilà un qu'a su faire l'unanimité, ce qui par les temps qui courent (de guingois) est une sorte d'exploit.

Ceci dit, j'lis pas toute la presse, faut pas déconner non plus et vu le niveau, j'me lasse vite. Mais j'ai plutôt tendance à lire la presse bien penchante. Toujours du bon côté comme paraphraser Dutronc. C'est quand même eux les plus drôles. J'avoue, j'ai pas lu Télérama, ça me demande un effort, que dis-je une abnégation qu'à mon âge je suis incapable d'appliquer. Plus de patience. Ca se tarit. C'est comme le reste, ça part en couilles.

Bon revenons à mon mouton noir, Laurent Binet. Il a une bonne binette, pas son instrument, pfffff, son visage.  Goncourt 2010 du premier roman et salué par Lanzmann, Vargas ou B.E.Ellis peut-on lire sur la quat' de couv'. Ca mange pas de pain.

A priori, je me sens beaucoup d'affinités avec ce garçon. Prof de français, 10 ans en ZEP dans le neuf-trois. Respect. Moi, j'ai fait le neuf-cinq (j'y suis toujours, dévoré par l'ambition comme d'hab...) une bonne quinzaine d'années à Argenteuil mais comme instit. De toutes façons en CM2, ils ont pas loin de 14 ans. Ca existait pas ZEP à mon époque. Y avait pas de sots briquets à la con. Dans ZEP, le Z, c'est pour zone. Et comment appelle-t-on, l'habitant de la zone nous apprend le Robert, deux points, ouvrez les guillemets, le zonard. Les mômes, leurs parents, les profs, tous des zonards." T'es où toi ? A la ZEP de Langevin, boulevard Lénine, je zone...". Parce qu'en plus, c'est que des noms de stal ou de résistant, voire les deux. Si, si. C'est facile à trouver, c'est moche et y a des caddies déglingués partout. Parce que pour travailler là-dedans, faut être sacrément résistant ou communiste.(redondance ?). Donc d'entrée, j'accorde du crédit aux propos du garçon et beaucoup moins à un détenteur de carte de presse qui loge dans le VI°.

Bon, j'ai encore perdu Binette. Je résume les critiques des pisse-copies. Enfin critique est un bien grand mot, torchée en 150 à 200 signes et grassement payé. On apprend rien, c'est mal écrit, y a pas de style, il a rien à dire.

Reprenons s'il vous plaît et dans le calme. On apprend rien : i'sont gentils les journaleux. Ils nous cachent tout, ils nous disent rien d'intéressant. Ben moi, j'y ai appris plein de trucs. Mais sauf que le camarade Binet, il a pas de carte de presse et ça doit bien les emmerder. Il était quasiment partout où les journaleux ne pouvaient pas aller. Binet, c'est un gars pépère qui réussit à entrer dans un monde qui lui est inconnu, et il rédige un journal, au jour le jour. Il  est entré dans le Saint des saints grâce à Cruella, j'me souviens plus comment. On s'en fout, il est passé derrière la vitrine, il a les deux pieds dedans et il en perd pas une miette. On y glane des tonnes d'informations, notamment sur le comportement des hommes politiques, de gauche surtout, ben ouais Hollande c'est celui qu'est à gauche, enfin c'est ce qu'on nous a dit. Bref, une mine, mais pour un type lambda comme moi. C'est sûr que les journalistes ont pas dû apprendre grand'chose (va savoir), mais je pense que ce n'est point adressé en leur direction.

C'est mal écrit : elle est bonne celle-là. C'est écrit comme on tient un journal. Comme le journal de Polac par exemple, il y a quelques années. Il supportait pas l'ampoulitude . Bah c'est pas ampoulé et y a plein des gros mots. Ouh la la, c'est pas bien. Je ne sais pas si vous vous êtes déjà cogné un édito de Bourmeau, mais c'est du lourd d'un point de vue stylistique. Il doit écrire avec les genoux. D'ailleurs à propos de Bourmeau, p 117, on peut lire cette ligne ravissante, sortie de la bouche de Hollande : "Comprends pas ! Ils sont vraiment tordus, à Libé." Ben à Libé, i'z'ont pas apprécié le livre. Mouahahahah !!!... Sur Libé toujours, on apprend que les journaleux entre eux le surnomment  La Pravda. Mouahahahah !!! A propos de Bourmeau, comme vous pouvez le constater, j'suis un fan, il couche toujours avec Filippetti ? J'ai pas trouvé Paris-Match dans mon trou...

Y a pas de style : bon, on va pas s'étaler. N'est pas Chateaubriand qui veut. Des gratte-papier dans la presse, on en trouve 2 ou 3 qui savent écrire; malheureusement, ils sont de droite et catholiques par dessus le marché.

Il a rien à dire : Là, par contre, il y a à dire. Effectivement, on touche le noeud gordien. Et on finit le bouquin, rien ne sera tranché. Qui est François Hollande ? Mystère. Mais c'est pas le rondouillard qui rame sur son pédalo, trêve de bêtises. Binet nous livre des infos, des anecdotes très révélatrices de notre démocratie déliquescente, mais le père Hollande ne se révélera pas. D'où vraisemblablement le titre choisi, une saillie de Hollande. Rien ne se passe comme prévu. Binet a ramé, il le dit en toute honnêteté, et il a pas bouclé la tâche qu'il s'était fixée. Qui est Hollande ? La réponse est peut-étre à chercher dans les propos de Malek Boutih p 49 à 51, stupéfiant. Bon Boutih, j'ai toujours été fan. Ca tombe bien.

Bref, foin de cantiques consolateurs (j'suis dans une période pascalienne), on se démerdera avec ça. Merci M.Binet.

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28 août 2012

121_08_2012

L'apologie politique du vivre ensemble n'est qu'un leurre. Dire la vérité est nuisible écrivait Pascal. La flatterie constitue la condition de notre survie morale et la quête de l'autre n'est muée que par notre ambition personnelle. S'entretromper, le contrat pascalinien, est l'actualité. Ainsi l'impose Facebook...

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Craquements

sheat

 

Les puristes, pros ou soi-disant experts, critiquent sans vergogne l'utilisation par les masses laborieuses de petits logiciels qui vieillissent, dégradent ou pourrissent les belles images enregistrées par les appareils numériques, au prétexte que c'est trop facile, trop rapide, trop formaté, trop à la mode, que sais-je... "On peut faire la même chose avec Toshop, c'est plus créatif de fabriquer ses propres images sales, il ne faut pas rentrer dans le moule. A mort Instagram, Hipstamatic, Snapseed et consorts !"

Ouaip, merci les moralisateurs. Sauf qu'on n'en a rien rien à battre. On s'amuse comme des petits fous à faire ressembler nos images à ce qu'on ressent ou perçoit de la réalité. Est-ce bien étonnant que des millions de personnes aient envie de salir les photos délivrées par un matériel sans cesse plus performant ? Est-ce par hasard que des images dégradées fassent davantage vibrer que les originaux bien propres sur eux ?

 

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27 août 2012

nature

1KK6

 

Se laisser mollement conduire à la mort comme le soulignait le grand comique Blaise.

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Chaud en l'air

FBT_3820_Snapseed

 Plus d'alcool, plus de clopes, il avait bien fallu trouver quelque chose pour tenir jusqu'à la fraîcheur du soir. No regret, la musique était bonne et la fille accorte. Il serait toujours temps de penser au lendemain.

 

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26 août 2012

117_08_2012

 

Nous cheminons ainsi de bons mots creux en multiples fadaises. Le divorce entre l'acte et la parole est tout simplement vertigineux.

 

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je prendrai la formule

116_08_2012

Il avait fallu trier les bonnes comme les mauvaises. La balance s'enfonce toujours du même côté.

Certains s'incrustent avec des formules à la con comme "on arrive avec une vraie volonté de faire bouger les choses". Finalement, tout se passe comme prévu. Mal.

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tout au fond

114_08_2012

 

Puis la nuit vînt...

On entendait le chien au fond du jardin. Toutes ces histoires me serraient le coeur.

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13 août 2012

au bord

112_08_2012

 

L'été s'achevait au bord des draps. Il fallait appuyer sur la feuille blanche les mots avant qu'ils ne s'échappent.

Instant, passé, nu, prière et délétère.

Un jour, j'étais un enfant.

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12 août 2012

ici, l'ombre

108_08_2012

J'entends des bruits d'impatience dans les rues chaudes. Pourquoi s'agiter ?

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Rencontres, bien sur

etarles

 

Après cette courte pause indépendante de notre volonté, nos programmes reprennent dès maintenant. Merci de votre fidélité.

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11 août 2012

la photo du jour

107_08_2012

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10 août 2012

Je m'intéresse et c'est pas facile

111_08_2012

J'habitais donc ce mystétrieux parfum du néant dans une pièce vide comme d'aucuns le soulignaient autrefois, équipée toutefois d'un écran Samsung 116 cm, LED 3D, 400 Hz pour la fréquence de balayage, acquis avec 5% de réduction puisque je détiens la carte d'adhérent de la FNAC.

La télécommande télécommanda pour m'offrir une magnifique image HD où s'inscrivit  les anneaux olympiques. Bingo. J'en rêvais. Men's BMX s'affichait en haut, à gauche de l'écran, quand l'animateur au service de l'arrogance sponsorisée  me renseigna que "la pression est à son comble".

Men's BMX ? Ce sont des tits vélos montés par des gaillards à l'évidence bien bâtis, leur conférant d'un coup, d'un seul, l'air aussi con qu'un crapaud perdu sur une boîte d'allumettes. Le temps de me servir un verre d'eau et les impétrants achevaient leur parcours et moi-même par la même occasion. Vache. Le tit vélo est une discipline olympique, mais un tit vélo qui faut sauter avec, car les gentils organisateurs ont truffé le parcours  de bosses comme dans les cours des cités.

A peine posé mon verre d'eau, ce n'est pas encore l'heure de l'apéro, une escouade de jeunes femmes déguisées comme au cirque envahissent mon écran. Maillots moulants, fluos et pailletés, elles défilent, façon 14 juillet, pince à linge sur le nez, avant de se jeter dans l'eau. C'est un ballet de guiboles s'agitant au-dessus de la surface et ça mousse. Tain' elles ont dû en chier pour se faire le maillot me confirme ma belle-fille. Les techniciens de l'image en profitent pour zoomer sur toutes ces paires de fesses, il est vrai qu'à leur âge, ça tient encore tout seul. Je ne connais pas le nom de cette discipline particulièrement chiante à regarder. Epilation way ? C'est pas Gérard Holz qui pourra me renseigner de toute façon.

J'abandonne. Je n'y arriverais pas. Je reprends Steiner : Pourquoi Epicharne pleure-t-il quand Arion chante ? Aucune bonne réponse. Seule la certitude que nos vies seraient d'une inconcevable indigence s'il ne pleurait pas.

Une inconcevable indigence.

 

 

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FQ

idemitsu_S

 Ne serions-nous pas des systèmes solaires qui ne peuvent se croiser, si ce n'est lors de malentendus ?

 

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09 août 2012

she's the woman

109_08_2012

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106_08_2012

Une fois déposé Gare du Nord via le Transilien, je savais avoir un aperçu postpaulinien du désastre.

J'encourais dès cet instant une dépression, façon Woody Allen dans Manhattan, et tentais de me rappeler malgré une mémoire ayant brutalement changé de catégorie sans préavis, versant diesel, la définition de la civilisation selon Lévi-Strauss. En vain.

Dans les couloirs, des affiches ici et là me souhaitaient bon Ramadan et d'autres, à l'esthétique tout aussi subtile, me proposaient une semaine en Tunisie pour 199 €, pension complète et vin à volonté.

Sur un panneau pour je ne sais quel produit, une main, dans l'urgence, avait tracé maladroitement ce mot, au feutre noir, gros format, MAMAN.

Un cri primal, une tentative malhabile de décrire la douleur d'une existence feinte, une volonté inextinguible de revivre une période foetale certainement pour y retrouver un repos bien mérité.

Bref, disparaître sachant que toute pensée est jumelée au néant comme le chuchotait Parménide.

L'affichage numérique me proposait 1 mn d'attente avant le prochain convoi. Je patientais...

 

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08 août 2012

version originale

104_08_2012

 

En paraphrasant piètrement Hölderlin, j'essayais, mais sans risque, de chercher à piéger quelque éclat dans mes mains désorientées.
Finalement, j'avais décidé de survivre, sans grand enthousiasme, errant dans les couloirs souterrains, parcourant les artères, en voie de stase définitive, de la cité taquinant le futur en ruine qui s'annonçait, afin de me rendre, très prosaïquement, à une quelconque exposition d'art contemporain flirtant comme d'hab avec le foutage de gueule.

La houle des piétons finit toujours par me flanquer la gueule de bois mais la ceinture urbaine et périphérique est mon église, son délabrement, mon antienne et j'habiterai cette nostalgique scansion de grafitti sur les murs d'entrepôts déglingués, cette coquille trop pleine de prurit et de fureur, sans but sinon d'attendre l'ultime.

Je tentais bien, pour être raccord, de communiquer tous azimuts afin d'y trouver des émotions comme le préconisent la doxa et les marchands du temple technologique mais si mon existence n'est qu'une lecture du monde, une chambre avec vue sur l'écho de je ne sais plus quoi et il ne me faudra point trop tarder à prendre rendez-vous chez l'ophtalmo pour y saisir les dernières miettes.
En attendant, je descendais, me rappelant l'enfant que j'étais, l'escalier en colimaçon de la station Lamarck-Caulaincourt pour rejoindre ses quais toujours vides, à la recherche de cette mélodie inouïe, à l'intérieur des synapses mêmes de la ville, sa respiration, la mienne.

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04 avril 2011

Pas pu résister à l'appel de Zadig & Voltaire

 

Claude_B_ant_B

 

Compilons dans la joie les fourmis à la révolte microscopique.

Extension du domaine de la Matmut

La possibilité d'une île flottante

La carte d'or et le territoire

Les malheurs de Sanofi

L'élégance du Ericsson

Le monde selon Gap

Du côté de chez Swatch

Le crime de l'American Express

Ainsi parlait Zara

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02 janvier 2011

extrêmement

 

4_01_2011

 

                         Armé d’une dose massive de paranoïa et d’un poil de critique marxiste, je chemine, cahin-caha,  dans l’impasse post-moderne, et néanmoins mal pavée, traçant les limites eschatologiques quoiqu’insensées de mon quotidien.

Ce dernier nauséabond, sourd au bord de mes lèvres et me contentant finalement d’un mutisme persévérant, issu d’une éducation rigoureuse, hiver comme été : je spectatise.

Affolé par le pouvoir extravagant des technologies, je me jette sur tout ce qui brille, rétro-éclaire, clignote, tel un Monsieur Hulot désemparé par une doxa brouillonne et intempestive : vas-y mon gars, achète c’est de la bonne…

Manipulant mes outils interactifs, tel le camarade Néanderthal polissant son biface, scotché sur le pli de l’interface, je répands mes neurones appelés à disparaître, aussi rapidement que mes spermatozoïdes, dans des activités chronophages, activités sacrées comme tout ce qui nait du Progrès, sous le nom ô combien valorisant d’individualisme, puisque la messe fut dite, entendis-je ici et là, paravent pour attardés prépubères du bulbe, plus connu sous le terme de pure manifestation d’égotisme, qu’un Carl Schmitt n’aurait pas renié : ami donc ennemi, j’aime donc je n’aime pas, aboutissant ainsi au rejet total de l’Autre, désagrégeant les fondements même de la Polis.

Je, nous voici définitivement rivés aux périphéries d’écrans dans une fascination impuissante, régression infantile, dans une incapacité à produire autre chose que ce que produit un enfant : des excréments…

Amen

 

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04 décembre 2010

Compte de Noël

En plein mois de l'Avent, l'espoir jaillit d'où on ne comptait plus, éclairant les fêtes prochaines d'une divine et réconfortante lumière.

Lilly et Franny, la mère et la fille, soutenues par leurs avocats, se sont rapprochées et veulent se tourner vers l'avenir après un conflit qui a perturbé leur vie familiale.

Les dispositions, personnelles et confidentielles,  de l'accord sont source d'espérance. Cette entente leur fait enfin retrouver l'harmonie familiale.  Lilly et Franny, comme elles l'espéraient, sont convenues de mettre fin à toute polémique. Elles se réjouissent de se retrouver, même s'il a fallu trois ans de contentieux judiciaires pour arriver à cette fin heureuse. Franny retrouve sa mère libre de toute entrave, ce qu'elle a toujours souhaité.

A pu de pousuites non plus contre l'artiste Italo-Maria, qui renonce de son côté à se plaindre de son sort. J'ai du mal à retenir une larme, j'te jure.

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