Exile: photos et mots décalés à 2 voix

EXILE Fox et Coyote devisent de mots et d'images, ébouriffés qu"ils sont devant toutes les beautés de la vie. Ah Ah Ah !!!

24 juin 2009

bientôt les vacances

DSCN2041

Je retournerais bien ici...

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Posté par foxcoyote à 22:49 - signé Fox - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

ah oui, moi aussi. L'été dernier, chaque matin, très tôt, pendant 8 jours, j'ai couru dans les rues jusqu'à la mer pour voir le pont apparaître dans le brouillard, c'était bien.

Posté par caillou, 25 juin 2009 à 06:32

Où j'étais je le voyais de ma chambre... même pas besoin de courir...

Posté par fox, 25 juin 2009 à 12:46

James Stewart, Kim Novak, si j'avaias l'occasion, je referais le film sur les traces d'Hitchcock, de Marker...
http://www.youtube.com/watch?v=LvhZQrfWeco

Posté par Marie, 26 juin 2009 à 19:14

Là, tu m'embauches... Stewart et Novak sous le Golden Gate, comme dans un tableau de Hopper, ces images me fascinent toujours autant...

Posté par fox, 26 juin 2009 à 23:34

II m’écrivait qu’un seul film avait su dire la mémoire impossible, la mémoire folle. Un film d’Hitchcock : Vertigo. Dans la spirale du générique, il voyait le Temps qui couvre un champ de plus en plus large à mesure qu’il s’éloigne, un cyclone dont l’instant présent contient, immobile, l’oeil... II avait fait le pèlerinage, à San Francisco, de tous les lieux de tournage. Le fleuriste Podesta Baldocchi, où James Stewart épie Kim Novak. Lui le chasseur, elle la proie - ou bien était-ce l’inverse ? Le carrelage n’avait pas changé. II avait parcouru en voiture toutes les collines de San Francisco où James Stewart-Scottie suit Kim Novak-Madeleine. Il semble être question de filature, d’énigme, de meurtre - mais en vérité il est question de pouvoir et de liberté, de mélancolie et d’éblouissement, si soigneusement codés à l’intérieur de la Spirale qu’on peut s’y tromper, et ne pas découvrir tout de suite que ce vertige de l’espace signifie en réalité le vertige du Temps. Il avait suivi toutes les pistes, jusqu’au cimetière de la Mission Dolores où Madeleine venait prier sur la tombe d’une femme morte depuis longtemps, et qu’elle n’aurait pas dû connaître. II avait suivi Madeleine - comme Scottie l’avait fait - au musée de la Légion d’Honneur, devant le portrait d’une femme morte qu’elle n’aurait pas dû connaître. Et sur le portrait, comme dans la chevelure de Madeleine, la spirale du Temps.
Le petit hôtel victorien où Madeleine disparaissait avait disparu lui-même. Le béton l’avait remplacé, à l’angle d’Eddie and Gough. En revanche, la coupe de séquoia était toujours à Muir Woods. Madeleine y montrait la courte distance entre deux de ces lignes concentriques qui mesurent l’âge de l’arbre et disait «Ma vie a tenu dans ce petit espace.» Il se souvenait d’un autre film où ce passage était cité : le séquoia était celui du Jardin des Plantes, à Paris, et la main désignait un point hors de l’arbre – à l’extérieur du Temps.
Le cheval peint de San Juan Bautista, son oeil qui ressemblait à celui de Madeleine... Hitchcock n’avait rien inventé, tout était là. Il avait couru sous les arches du promenoir de la Mission comme Madeleine avait couru vers sa mort - mais était-ce la sienne ? De cette fausse tour - la seule chose qu’Hitchcock ait rajoutée -, il imaginait Scottie sombrant dans la folie «de l’amour même», dans l’impossibilité de vivre avec la mémoire autrement qu’en la faussant, inventant un double à Madeleine dans une autre dimension du Temps, une Zone qui ne serait qu’à lui, et d’où il pourrait déchiffrer l’indéchiffrable histoire qui avait commencé à Golden Gate quand il avait retiré Madeleine de la baie de San Francisco, quand il l’avait sauvée de la mort avant de l’y rejeter - ou bien était-ce l’inverse ?
Chris Marker Sans soleil

Posté par Marie, 27 juin 2009 à 20:07

Tain', t'as gagné le 1° prix du commentaire le plus long. Une experte de la question mam'zelle, dirait-on. Y a longtemps, j'avais rédigé un devoir sur Vertigo à la fac. J'ai cherché... ben j'a pas retrouvé. J'aurais pu frimer. Les lieux du film n'ont guère changé, c'est l'intérêt d'une ville comme San Francisco, très européenne finalement et ô combien facile à vivre malgré toutes les violences que peut générer ce genre de cité.

Posté par fox, 27 juin 2009 à 23:47

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